Marinette, des bouts de moi...

Jeudi 10 août 2006

Vous est-il déjà arrivé de vous interroger sur le sens profond de votre existence??? Pensez-vous que vous êtes né pour accomplir une mission exceptionnelle??? Croyez-vous que votre présence puisse changer quoi que ce soit sur cette terre???

Personnellement, je me suis souvent demandé ce que je laisserais comme trace? Une statue? Un hymne dédié? NON!!! Beurk, c'est bien trop kitsch...

 Pour ceux qui ont des enfants, il est évident que ces petits êtres qu'ils ont mis au monde perpétueront leur souvenir, mais pour les autres? Et donc pour moi? Qu'adviendra-t-il?

Ma petite vie, humble, simple, sans histoire peut-elle apporter un mieux dans ce monde de brutes??? J'en doutais il y a encore quelques années...

Et puis, en y réfléchissant, en vivant de singulières expériences, j'ai compris combien la nature humaine peut être riche... Malgré tout ce qu'on voit au 20h, malgré le beau Harry Roselmack qui nous explique que les conflits se poursuivent au Liban, malgré Béatrice Schonberg qui nous démontre par a+b que la France, l'Europe, le monde vont mal, malgré tout, je sais qu'à mon échelle, je peux "rayonner", sans prétention aucune...

J'aimerais laisser une trace de moi sur terre : un biocarburant , un remède et un vaccin contre le SIDA, mais je crois sincèrement que je n'y arriverais pas (ne soyez pas étonnés, je ne suis pas si géniale que ça...hihi!!).Pourtant, ceux qui me côtoient et me connaissent plus personnellement savent combien je peux être bougonne, combien je peux râler contre tout et n'importe quoiet combien je peux m'énerver pour un truc insignifiant... Ces jours-là, je me déteste! En faisant le bilan de ma journée, je me dis que ce serait bête que ce soit la dernière, que je peux mieux faire, que ce n'est pas moi...

Et puis, il y a des moments où l'on souffre, où c'est trop dur, où l'on n'y croit plus... On est tous passés par là, enfin je crois... Mais, personnellement, il y a d'autres moments, où tout va bien, où tout le monde est réuni, chacun est heureux, on est entouré, et tout à coup, on se sent seul, seul et vide...désemparé... Dans ces moments-là, je voudrais me fondre dans la foule, être invisible, ou tout simplement me réfugier sous ma couette... Pourquoi suis-je moi? Ai-je fait les bons choix? Serai-je heureuse un jour???

Je repense alors à tous ces moments où le temps s'est arrêté pour moi, ces instants où plus rien n'existait, ces petits riens qui font les grandes émotions, ces regards intenses, ces instants de complicité, ces sourires échangés, ces petites phrases...ces petits partages au quotidien...

Je repense aussi à ces gens que j'ai pu côtoyer dans mon boulot, à leurs histoires de vie et à ces regards dans lesquels on peut lire qu'ils détiennent la sagesse, leur sagesse, parce qu'ils vivent et partagent leurs derniers instants, parce qu'ils ont découvert la vraie valeur de l'existence...cette existence que l'on ne savoure que trop peu...

J'y repense...et un sourire naît aux commissures de mes lèvres...je profite à nouveau de ceux qui m'entourent...

On a tous notre histoire, nos doutes, nos angoisses, nos incertitudes...Et on a tous en nous quelque chose (de Tennessee...!!) qui nous rend unique, qui nous fait avancer : des projets, des rencontres, .... Nous sommes de véritables richesses à explorer, non???

Mais, je ne sais pas de quoi demain sera fait... par moments, ça m'inquiète... Mais qu'est-ce que cela pourrait bien changer??? Je sais que quoiqu'il advienne, j'aurais touché le bonheur, parce que j'aurais aimé et on m'a aimé en retour, parce que j'aurais partagé et mené ma vie comme je l'entendais... Et je sais que tous ces instants magiques resteront comme des lumières, qui me tiendront chaud dans mes hivers, des petits feux de vous qui m'aimez, me soutenez, me rendez heureuse, des petits feux de vous que j'aime....et ces feux ne s'éteignent pas (merci Jean-Jacques G. pour ces belles paroles...).

Mon existence sera ce que j'en ferais et qu'importe si l'on ne se souvient pas de moi, le bonheur, c'est ici et maintenant que je veux le vivre...

Gamine, je pensais qu'il fallait que je me "réalise"....aujourd'hui je sais que les seules choses que je dois réaliser sont mes rêves...

Gamine, je pensais que je devais partager mes biens...aujourd'hui je sais que le plus important à partager se trouve en moi... 

Multikiss, maxitchao

Par Marinette
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Mardi 22 août 2006

Attention, ce soir c’est du lourd! De la philo pure et dure (ou presque)…

Il est des conversations qui ne laissent pas indifférents, il est des phrases qui marquent, il est des conseils qui font réfléchir…

Trop bonne rime-t-il toujours avec trop conne???

Vaste question…

Pour ma part, je ne me qualifierais pas de trop bonne, loin de là!

Mais à force de se poser des questions sur soi, de se demander si les autres vous apprécient sincèrement pour ce que vous êtes, à force de vouloir satisfaire tout le monde, à force…Et bien oui, à force on se fait phagocyter, et rien de tel qu’un œil extérieur pour vous en faire prendre conscience…

Du coup, aujourd’hui, au détour d’une discussion, je me suis rendue compte que je me laissais bouffer par certains trucs… En y réfléchissant, c’est vrai, je me prends (trop) la tête pour que moi, mon boulot, ma façon d’être, …satisfassent mon entourage, les gens avec qui je bosse…

Qualité ou défaut, ces prises de tête? Avant tout, je pense que c’est le propre de l’être humain de vouloir « convenir » aux autres, non?

Mais il est un moment où l’on doit refuser de rendre service pour son équilibre personnel… Pourtant, le refus pourrait faire que les gens vous voient autrement, vous apprécient moins... C'est ça que je redoute, sincèrement. Ne plus être vue comme quelqu'un de serviable (et râleur) mais juste comme quelqu'un d'égoïste... Cela doit pourtant être agréable, de ne pas se projeter dans le regard des autres parfois...non? Si vous avez testé, racontez-moi comment on se sent...   ;)

Malheureusement, j’ai encore beaucoup de mal à refuser de rendre certains services, d’où ma grande question : TROP BONNE = TROP CONNE….?

Il est des soirs propices à la réflexion sans raison particulière… Ce soir en fait partie pour moi… Merci à celui qui m’a conseillé d’être plus ferme et de me préserver (il se reconnaîtra je pense)… Rendez-vous dans quelques mois pour voir si la Marinette a réussi à s’imposer!

Et finalement, même si je n’y arrive pas, qu’est-ce que ça pourrait bien changer, il n’y a que moi qui en subis les conséquences…et vous, par mes râleries intempestives et mes articles sans queue ni tête!

Voilà, votre mission, me laisser un petit commentaire pour me donner votre avis sur la question existentielle et particulièrement métaphysique du jour…. A vos neurones!!!

Multikiss, Maxitchao

Par Marinette
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Mercredi 23 août 2006

Plus tard… Que deviendrons-nous?

Bonne question me direz-vous…

La seule chose qu’il faille faire, c’est mourir, et donc, s’y préparer??? Non, je ne suis pas d’humeur morose, je réfléchis, c’est tout…

S’y préparer, oui, par nos histoires de vie, nos expériences… Et savoir ce que l’on veut, en quelque sorte ce que l’on se souhaite…

Alors, ce soir, comme preuve ô combien crédible, je voudrais vous dire ce que je me souhaite…

Pas d’acharnement… On en est tous là, non? Bien sûr, ça dépend de la situation, de l’âge, du contexte… Mais le destin dans tout ça? Si la maladie me ronge, quel que soit mon âge, si j’en perds mon autonomie, ma dignité…? Si vivre devient plus dur que de mourir…? Que dois-je décider? Et si, justement, je ne peux plus décider? Qui le fera pour moi? Et que devront-ils choisir?

L’essentiel sera qu’ils décident avec leur cœur, en pensant à moi et à ce que je suis, pour eux, pour les autres… Qu’ils prennent le temps de se poser la question de ce que je déciderai pour moi… Je n’ai jamais dû décider pour quelqu’un (que la vie m’en préserve), mais je me doute que dans ces moments-là, on a tendance à être égoïste… C’est normal, c’est humain.

Mais trop, c’est trop. A quoi bon continuer les thérapeutiques, les soins invasifs et douloureux? Pour quel confort, quelle qualité de vie? Et à quel prix?

Ne laissez personne s’acharner sur moi… Ne les laissez pas me voler ces derniers instants avec mes proches, ne les laissez pas me dérober ma propre mort. Récemment, j’ai entendu quelqu’un dire une vérité déroutante, à laquelle je n’avais jamais pensée : la mort, c’est comme la vie, elle appartient à chacun, à chacun de la « vivre » comme bon lui semble. Oui, c’est incroyablement vrai!

Alors pensez à moi, à ce qu’a été ma vie et à ce que je voudrais que soit ma mort… Ne laissez pas des blouses blanches me perfuser, me transfuser, me transporter, m’opérer, m’étudier! Si mon heure est venue, si la maladie a gagné, si, après m’être battue, je baisse les bras, si j’abdique et m’abandonne, laissez-moi partir… Quelles que soient mes croyances ou les vôtres, sur « l’après » ou sur le « pourquoi » …

A la fin, je ne serai plus tout à fait la même, mais pas tout à fait différente, je serai paisible et sereine, pourvu que l’on m’ait informée, pourvu qu’on m’ait expliqué… Ce n’est que dans ces circonstances, malgré la violence des mots, malgré la cruauté de la maladie, que je pourrais préparer ma mort et tirer un dernier coup de chapeau à ce monde…

Non, je ne suis pas d’humeur morose, je veux juste être au clair avec moi-même. Je veux savourer la vie jusqu’au dernier souffle, mais je ne veux pas rallonger mon existence de quelques tristes semaines de souffrance. Pas de douleur, pas d’acharnement, de l’humanité… Pas de pitié, de la disponibilité… Et, par-dessus tout, partir entourée, aimée. Même si c’est trop tôt, même si c’est injuste, partir avec le sentiment d’une vie épanouie et bien remplie…

Je ne pleure pas ce soir, je souris, parce que la vie est belle, jonchée d’épreuves mais sertie de pierres précieuses, parce que je ne m’inquiète pas pour le reste, que je veux juste en profiter, et en faire profiter ceux que j’aime…

Avis à la population…

Multikiss, Maxitchao…

Par Marinette
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Vendredi 25 août 2006

Il y a des soirées qu’on attend, pour lesquelles on se réjouit, parce qu’elles sont prévues de longue date, parce qu’elles sont préparées à la perfection, parce qu’elles réunissent beaucoup de monde… Par expérience, ce sont souvent celles-là qui me déplaisent, me frustrent ou me déçoivent. Parce que les rapports entre personnes semblent factices et préfabriqués, parce que les préparations tuent la convivialité, parce que, même réunis, les gens semblent plus solitaires que jamais… J’en rentre parfois amère et blasée, avec un sentiment de solitude, et ce foutu constat que la société est en effet individualiste, que même nombreux, on ne communique plus.

Il y a d’autres soirées, plus simples, prévues peu de temps avant, réunissant peu de monde… Et ce sont souvent celles-là qui me laissent un sentiment de douceur et de chaleur, une sensation de partage et un souvenir très agréable. Ces soirées où les plus petites blagues font rire tout le monde, où même sans trop se connaître les gens s’apprécient, se découvrent et discutent… Ces soirées où vous vous sentez bien et entouré…

Il y a des gens que vous connaissez depuis tellement d’années, mais que vous ne découvrirez jamais vraiment, parce qu’ils ne se livrent pas, parce qu’ils vous ferment leur cœur et ne consentent à vous offrir que de glauques soirées, ternes et sans vie, sans sentiment, sans convivialité. Que de brèves paroles anodines échangées comme dans une salle d’attente quelconque…

Il y a des gens que vous connaissez depuis peu, mais avec qui le courant passe tout de suite… Ils vous comptent parmi les leurs, vous vous sentez intégrée rapidement au sein de leurs amis. Ils se livrent, partagent, vous éblouissent par leur tendresse, leur sincérité, leur générosité, leur complicité, leur humour, leur dérision… Rapidement, ils comptent pour vous, rapidement, vous vous en sentez proches… Que de bons moments, simples et sans cérémonie…

Merci pour cette soirée, vous vous reconnaîtrez… Et encore joyeux anniversaire Matthieu…

 

Par Marinette
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Samedi 26 août 2006

Famille nombreuse, je vous aime…

Je suis la dernière de cinq enfants, avec des écarts d’âge plutôt importants, dix-sept ans avec l’aînée… Même si ça m’agaçait encore il y a quelques années, je resterai toujours la petite, et ça me plait. Quatre filles, un garçon, donc trois sœurs et un frère. Beaucoup de possibilités, beaucoup de complicité.

Oui, je suis la dernière, oui, mes parents m’ont eue tard, oui, ma sœur a quitté la maison pour aller faire ses études alors que je n’avais que quelques mois, oui, la maison s’est peu à peu vidée, me laissant vivre seule avec mes parents… Mais épargnez-moi les banalités du genre « tu es la chouchoute », « ta sœur pourrait être ta mère, c’est bizarre, non? » ou encore « cela a dû bien fausser tes rapports avec tes frères et sœurs! ».

Quels sont les rapports normaux au sein d’une fratrie? Existe-t-il un protocole à suivre dans ce genre de relations? Non! Alors? On s’en balance pas mal de la différence d’âge, non?

Je suis d’ailleurs intimement convaincue que c’est précisément cela qui fait notre force, ces années d’écart. Je ne peux pas nier le fait que j’ai eu le droit de faire certaines choses que les aînés n’auraient jamais osé demander… Mais j’avais des chaperons tout trouvés!

Ce que je trouve magique, c’est qu’avec chacun, il y a des affinités, des histoires, des complicités différentes, des souvenirs à revendre. N’ayant pas tous vécus sous le même toit pendant très longtemps, nous nous sommes créés des moments intimes, les uns avec les autres mais pas forcément tous réunis.

Avec l’aînée (Valérie alias La Natole), j’ai partagé d’agréables week-end, accueillie à bras ouverts et baignés de points de croix, de discussions jusqu’à pas d’heure, de bavardages parfois futiles, parfois importants. Toujours présente, le plus marquant de tous mes souvenirs avec elle, mais aussi un des plus douloureux restera cette soirée du 8 janvier 2002, le soir où Mamama est décédée et où je me suis réfugiée chez elle comme on se réfugie sous sa couette, pour se sentir protégée et en sécurité. Cette soirée fut belle, car nos deux points de vue sur notre grand-mère maternelle se confrontaient, ses souvenirs et les miens. Mamama comme elle l’avait connue. C’était si beau d’imaginer ma grand-mère plus jeune, de se la représenter lorsque Valérie était enfant…Deux sœurs, deux regards, dix-sept ans de différence…

Aujourd’hui, nos discussions sont ponctuées par nos vies professionnelles : elle est sage-femme, je suis infirmière, elle accueille la vie, j’accompagne les souffrants. Une nouvelle fois, deux regards différents pour deux sœurs qui se ressemblent!

Avec mon frère, les relations sont plus régulières, moins intimes en apparence. Nous nous voyons souvent chez les parents, autour d’un repas concocté par Maman, le samedi ou dimanche midi. Pas de rituels, du quotidien. Pas très bavard le frangin! Mais plutôt bon dans son rôle de grand frère protecteur. Je ne peux pas vous expliquer réellement notre relation. Il taquine, chambre, blague, mais je sens qu’il est aussi très sensible à sa petite sœur, du moins j’en ai l’impression. Je garde un souvenir amusé de ses messages sur mon portable le soir du 24 novembre 2005 (je venais d’être diplômée). Il me faisait jurer que si je buvais, je devais l’appeler et il viendrait alors me chercher, ni vu, ni connu, pour que les parents ne s’inquiètent pas et ne soient au courant de rien. Protecteur également au moment de mon premier vrai chagrin d’amour. Seule quelques jours à la maison, il m’a téléphoné pour prendre de mes nouvelles et me demander si mon copain venait me voir. Le pauvre, il n’a pas dû comprendre ce qui lui arrivait, je me suis mise à sangloter à n’en plus finir et il a pris sa douce voix désolée pour me dire qu’il pouvait venir dormir à la maison si je le souhaitais… Disponible et inquiet. C’était touchant. On n’en a plus jamais reparlé. Il ne s’en souvient peut-être même plus. J’aime ce côté protecteur jusqu’au bout des ongles derrière son apparence d’ours…

Ma sœur Hélène a douze ans de plus que moi. Balance, gauchère, nous avons beaucoup de points communs. Mais aussi des différences, elle est plus affirmée, fonceuse, moi moins… Elle a toujours été sensible à mes états d’esprit, m’a toujours intégrée à sa vie, même lorsque les kilomètres nous éloignaient. Ce qui m’a toujours impressionnée c’est qu’elle me considère (enfin je crois) à la fois comme une confidente, se livrant à moi, même lorsque j’étais plus jeune, et comme une petite sur laquelle il faut veiller… C’est tout ça à la fois, notre relation. De la proximité et de la protection. Et le magnifique souvenir de cette confidence faite en voiture, ce projet de deuxième enfant, cette exclusivité rien que pour moi… Le souvenir plus dur du décès de sa belle-maman, où j’ai eu l’impression de trouver des mots qu’elle avait besoin d’entendre, où j’ai eu le sentiment de la protéger à mon tour…

Ma sœur Mathilde a six ans de plus que moi. Nous avons vécu douze ans sous le même toit, et comme toute cohabitation, il y avait des bas…des chamailleries auxquelles je ne prêtais aucune attention, ça faisait juste partie du quotidien. Et elle a quitté la maison pour ses études. Et j’ai compris, j’ai senti qu’elle me manquait. Mais nos relations se sont intensifiées. Avec des non-dits, doucement, puis plus clairement, nous sommes devenues plus proches et avons partagé plus de choses qu’avant. Nos différences sont devenues nos points d’ancrage… Elle m’a sortie, elle m’a écoutée, et elle lit en moi sans même que je lui parle. De mon côté, je n’arrive pas à lui cacher mes soucis, mes doutes ou mes angoisses. Quand j’essaye, elle le sent, me questionne et sans hésitation je me livre à elle. J’ai un souvenir lointain, d’un dimanche soir où j’angoissais pour je ne sais quelle raison. En sanglots, je ne trouvais pas le sommeil… Elle est venue dans ma chambre et nous avons écouté du Jean-Jacques Goldmann… Une chanson nommée Famille…

On se ressemble mais pas tant que ça, je suis des petits bouts d’eux, ils sont des petits bouts de moi… Que dire de plus? Que je les aime? Bien évidemment! Mais dans la famille, on est plutôt pudique et peu démonstratif! A quoi ça servirait que je le leur répète? L’amour, ça se vit, et moi, je le vis depuis 23 ans, à leurs côtés, avec eux, grâce à eux et pour eux… Parce que sans eux, dans leur individualité, dans leur authenticité, dans leurs qualités et leurs défauts, ma vie serait bien triste, et je ne serais pas celle que je suis aujourd’hui!!

Famille, je vous aime! Définitivement…

Multikiss, Maxitchao

Par Marinette
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Jeudi 31 août 2006

Ça ne fait que quatre ans! Mais j’ai la sensation qu’elle a partagé toute ma vie.

Elle faisait partie de ces rencontres anodines, des gens que l’on côtoie un peu par hasard, par l’intermédiaire de Machin, qui connaît Truc, qui vous présente Bidule… Ces connaissances que l’on fait lorsque l’on commence ses études, en vivant dans des chambres d’étudiants qui ne laissent pas de place à l’intimité mais ouvrent leurs portes à la communauté.

Au départ, nous n’avons fait que nous croiser. Puis, après une ou deux soirées passées ensemble, dans notre home d’étudiants (elle au 7è, moi au 8è!), nous sentions que le courant passait bien… Mais il a fallu déménager, pour mieux se retrouver!

Déménagement, vie de luxe, nous emménageons chacune dans un F1! C’est bien plus commode que de partager les sanitaires (je suis sûre que ça réveille des souvenirs de votre vie étudiante!!)…

Nous sommes nombreux à déménager, de sa promo, de la mienne. Commence la valse des visites à l’improviste « parce que je voulais juste voir comment t’as mis tes meubles… ». Certaines de ces visites m’agacent, pas la sienne. C’est la première fois que nous nous retrouvons à discuter autour d’une tasse de tisane… Ce ne sera pas la dernière! Ça y est, nous avons créé notre relation a nous deux. C’était en mars 2003.

Je ne sais plus comment ça s’est réellement passé, mais l’amitié est née. Elle fait partie de ces gens qui ne quitteront jamais mon cœur, de ces gens qui m’habitent sincèrement. Elle est mon amie, et appartient presque à ma famille.

Elle a partagé mes joies, mes peines, mes délires, mes rires… Nous avons vécu de magnifiques soirées, autour de tisanes (de l’eau chaude avec des plantes dedans selon Florence Foresti…), sur la terrasse de notre bar préféré, notre point de ralliement, notre fontaine de Jouvence à nous, rien qu’à nous. Nous avons ri et pleuré ensemble. Elle se reconnaît en moi, je me reconnais en elle. Parfois, nos mots sont inutiles, nos regards se comprennent, nos yeux discutent.

Dans les doutes ou les épreuves, elle était à mes côtés et me comprenaient. Elle a toujours su trouver les mots, ni moralisateurs, ni rentre-dedans, toujours les mots justes. Elle m’a prouvé sa disponibilité à de multiples reprises, a vécu avec moi l’angoisse d’une nuit d’été 2005.

Sans jamais me juger, en me comprenant toujours, elle connaît mon cœur, ses failles et ses forces. Elle connaît mes yeux, mes larmes et mes doutes.

Nos réactions sont les mêmes, nous nous posons les mêmes questions, nous sommes un peu pareilles, mais pas tout à fait. Les réponses qu’elle trouve répondent à mes questions…et inversement.

Éloignées géographiquement, il me semble que nous sommes encore plus proches l’une de l’autre. Longues conversations téléphoniques, après-midi de ballades près de chez moi, soirées crêpes bercées de Lynda Lemay ou de Tryo… Nos conversations sont interminables. Bavardes et passionnées, nous échangeons sur tout et rien. J’ai une confiance sans borne en elle. L’inconvénient avec la confiance, c’est qu’on a toujours la peur secrète de la trahison. Avec elle, nul doute, les secrets sont bien gardés.

Je lui ai partagé tant de choses qu’elle est un peu ma sœur.

Ses conseils sont si bons qu’elle est un peu ma coach personnelle… (Vous savez, un coach perso, comme Johnny!!)

Sa compagnie m’est si sympathique qu’elle me manque lorsque je ne la vois pas.

Je connaissais l’amitié, j’ai découvert la complicité, la connivence.

Pour tout ça, pour tout ce que je n’ai pas pu vous raconter…Pour sa délicatesse, sa générosité, sa présence discrète et rassurante. Pour nos rires, nos délires et nos fous rires, tous partagés. Pour nos longues soirées d’hiver à nous lamenter en communion. Pour tout ce qu’elle sait de moi que je ne sais même pas. Pour la jolie Fleur qu’elle a plantée dans mon jardin.

Pour tout ça, je la remercie, et remercie Machin, Truc et Bidule de nous avoir mis sur la route l’une de l’autre. 

Ma petite Fleur, nous continuerons à arroser le jardin de notre amitié durant de longues années… (et nous arroserons aussi le jardin de notre bar préféré). J’en fais la promesse solennelle.

 

Multikiss, Maxitchao…

 

 

 

Par Marinette
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Mercredi 6 septembre 2006

Allez, les filles, vous allez pas me la faire à moi… Vous y avez aussi cru, au prince charmant et aux contes de fées?? Non? Menteuses!

Bon, bin, voilà! J’avoue… Je suis très fleur bleue, bien que je m’en défende. J’ai des rêves de midinettes et un cœur d’artichaut!

Je ne saurais pas vous expliquer pourquoi, mais encore aujourd’hui, j’y crois, au prince charmant. Un gars qui serait mon âme sœur et avec qui je pourrais faire des projets, construire un lendemain et un surlendemain… Une histoire, une vie…

Mais, allez savoir pourquoi, je me heurte toujours à un mur. Mon cœur d’artichaut a tendance à s’emballer rapidement. Alors, j’attends, parfois même je fonce, et là, ça bug… Va falloir que je fasse réviser mon processeur ou un truc dans le genre.

Je n’ai pourtant pas grandi dans une famille où l’on nourrissait le mythe de l’Homme parfait, mais je suis comme ça, intimement.

Si vous vous aventurez sur ce sujet avec moi, je prendrai un air dégagé, en disant que tout va bien, que ça me convient, que j’ai le temps… Mais en fait…

En fait, ça me meurtrit! Parce que j’y ai déjà cru, mais qu’il n’y a pas eu de suite possible, pour diverses raisons (une certaine raison que nous décrirons ici comme « sociale »  me reste encore bien en travers de la gorge! Toi, si tu te sens concerné, ne t‘aventures pas sur mon passage, tu risques d‘avoir mal!!!). Parce que, quand c’était possible, je ne m’y sentais pas bien et j’ai préféré fuir, lâchement, mais je sais que c’était la bonne décision, ça n’aurait rien donné d’autres que des blessures, des dommages collatéraux, qu’on appelle ça!

Et puis, il y a ces personnes qu’on rencontre presque accidentellement. Un regard, un sourire, un geste et petit artichaut qui bat en moi accélère. Je me sermonne, je me retiens. Mais ces sourires et ces regards, ces petits riens sont plus forts… Parce que j'ai un feeling, parce que je le sens, parce que l'idée me trotte dans la tête, jour et nuit, parce qu'il est exceptionnel, parce que, peut-être que c'est lui... Et, inlassablement, j’en souffre. Avant, après, mais j’en souffre. Je me dis que c’est fini, que maintenant je me blinde, je ne me ferai plus avoir. Mais ce ne sont pas eux qui me font souffrir ce n’est que moi, moi, mes rêves de midinettes et mon cœur d’artichaut. Eux, ces « il » qui m’ont déjà fait vibrer, parfois sans le savoir, ont sûrement raison, et m’ont sûrement épargné quelques larmes… Parce que, j'en conviens avec le recul,  ça ne l’aurait pas fait, ni pour eux, ni pour moi, surtout pas pour nous… Mais, je m’en veux quand même à chaque fois. Je m’en veux de m’être tue et d’être passée à côté de belles choses. Ou je m’en veux de m’être trop vite emballée alors que ça ne pouvait visiblement pas marcher… Stupide culpabilité…Heureusement, il reste le digne "restons amis" qui m'a permis de garder quelques précieuses personnes à mes côtés... 

Ma Maman me dit toujours que l’homme avec qui je construirai ma vie m’attend aussi… Alors voilà, moi aussi je l’attends… Et si je ne le trouve pas, c'est que ce genre de vie n'est pas pour moi...

Mais parfois je me sens en porcelaine, alors qu’il n’y a forcément pas de prince charmant derrière tous les crapauds…On n'est pas dans un conte de fées, qu'est-ce que vous croyez...

J'avais juste besoin de vider mon sac... C'est chose faite, merci.

Multikiss, Maxitchao…

En me relisant, je tiens juste à apporter une précision, les "il" dont je parle ne sont pas si nombreux qu'on pourrait le croire, mais ils ont tous ce petit rien de différent qui m'a fait penser que... (je ne suis pas désespérée, non plus, faut pas croire...  ;o)  ).

Par Marinette
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Jeudi 7 septembre 2006

Ça m’est apparu comme une évidence. Il faut que je vous parle d’elle, de tout ce qu’elle a représenté pour moi.

Elle, c’est Mamama, ma grand-mère maternelle. Une grand-mère, une mère, une belle-mère, une femme exceptionnelle…

Elle avait soixante-dix-sept ans lorsque je suis née et m’a accompagnée jusqu’à l’aube de ma vie d’adulte. Malgré l’absence, aujourd’hui encore, elle m’accompagne.

Durant de longues années, elle a vécu dans une maison attenante à celle de mes parents, je l’ai toujours connue habitant là. D’où une intime relation, de grand-mère à petite-fille, d’où une complicité à toute épreuve, même à celle de la mort.

Elle m’a fait aimé la vieillesse, elle, une femme d’une autre époque, où l’on parlait allemand, où ni les voitures ni l’électricité ne venaient simplifier le quotidien. Elle qui a connu deux guerres, un veuvage précoce. Elle à qui la vie n’avait pas fait de cadeaux, que ses trois enfants. Elle aurait pu vieillir aigrie ou triste. Elle a vieilli belle et souriante.

D’aussi loin que je me souvienne, elle était disponible et douce. Lorsque j’étais enfant, il lui arrivait de temps en temps de veiller sur nous, j’ai alors fait quelques bêtises, qu’elle a toujours couvertes…

J’ai un doux souvenir de ces mardis soirs où j’avais le droit de traverser le jardin et de dormir à côté d’elle. Je m’installais paisiblement et lui demandais toujours de me raconter le livre qu’elle lisait. Toujours le même type de livre, en allemand, qu’elle empruntait au Bibliobus, et qui racontait des histoires à l’eau de rose de couples retenus dans une cabane forestière à cause d’un orage… Tendrement, elle me traduisait, et, paisiblement, je m’endormais.

Avec sa fille (ma Maman), ses liens étaient indescriptibles. Leur joli rituel consistait à boire ensemble plusieurs cafés (ricoré) chaque jour dans notre cuisine. Je me glissais alors près d’elle, en lui demandant de me laisser un fond de sa chicorée sucrée. Ce goût restera toujours lié à elle et à sa bienveillance.

 

En ces temps de rentrée, elle s’attelait à la lourde tâche de couvrir nos manuels scolaires, nulle autre personne ne le fera jamais aussi bien qu’elle…

Et mes chaussettes… Elle seule les raccommodait solidement, et les déposait ensuite discrètement chez nous.

Elle ne s’est jamais imposée dans notre vie de famille, et c’est bien ce qui l’a rendue encore plus attachante. À peine entendait-elle la voix de mon Papa, qu’elle empoignait son foulard, chaussait ses sabots, et rentrait chez elle, pour ne surtout pas déranger.

Les parties de « t’en fais pas » (alias les petits chevaux), durant lesquelles, j’en suis persuadée, elle trichait parfois pour nous laisser gagner. Les tablettes de chocolat distribuées avec amour. Son foulard, sa lampe de poche, ses clés toujours à portée de main. Sa fine écriture appliquée au dos d’un carton de lait concentré, ses petites enveloppes. Sa minuterie qui lui rappelait l’heure des « Chiffres et des lettres ». Son journal en allemand qu‘elle lisait quotidiennement en consultant la rubrique nécrologie, où elle reconnaissait de plus en plus de noms. Ses soirées passées l’oreille plaquée contre sa radio pour écouter religieusement le chapelet de Jean-Paul II. Les bandages qu’elle me faisait avec amour, parce qu’entre les deux guerres, elle avait suivi une formation de brancardière à la Croix-Rouge. Ses albums photos qu’elle convenait de me montrer avec nostalgie.

Et la vie a œuvré, je grandissais, elle vieillissait..

Un jour est venu où j’ai veillé sur elle. Je lui préparais son assiette à midi les rares fois où sa dévouée fille ne pouvait pas le faire. Je lui apportais sa chicorée, veillais à ce qu’elle puisse s’habiller.

Un jour est venu où ses pensées avaient du mal à s’organiser. Mais, même là, son regard était toujours empreint de l’amour qu’elle nous portait.

Elle a vu naître Léonie et Anatole, les a pris dans ses bras, les a aimés, eux, ses arrière-petits-enfants.

Mais un autre jour est venu, où, malgré les efforts de ma Maman, elle ne pouvait plus rester à la maison.

Mars 2001, elle a quitté son domicile et son village d’adoption. Hospitalisations, placement en moyen séjour non loin de chez nous.

Octobre 2001, retour dans son village d’adoption, en maison de retraite. Elle a donc pu venir fêter mes dix-huit ans avec moi…

Même avec du mal, elle nous a toujours plus ou moins reconnus, ma petite famille et moi.

Elle a fêté ses quatre-vingt-quinze ans. Puis, les choses se sont dégradées.

Nous la voyions partir, s’en aller, doucement, dignement. Sa plus jeune fille l’a tendrement veillée. Je vivais à Strasbourg durant la semaine. Je ne passais que les week-ends à la maison.

Ce dimanche soir là, ma Maman m’a dit de rester seule un peu avec elle. Je ne comprenais pas, je ne voulais pas comprendre. Mais je lui ai quand même dit ce que je devais lui dire, au cas où je ne la reverrais plus.

Deux jours plus tard, dans ma petite chambre d’étudiante, ma Maman m’a annoncé que Mamama « était partie ». Ce sont ses mots. Elles ont vécu ce moment dans l’intimité de leur relation mère-fille.

Je n’ai pas souhaité la revoir, ça me semblait trop dur. J’ai alors couché sur le papier tout ce que je souhaitais encore lui dire, à chaud. Cette lettre sommeille avec elle. Son enterrement a été une dure épreuve pour nous tous qui la chérissions tout particulièrement, notre Mamama. Son absence fut intolérable au début.

Mais Maman avait raison, Mamama « est partie », ailleurs, autre part, mais elle est toujours en nous. À chaque évènement, je la sens proche. Nous nous amusons encore à imaginer ce qu’elle dirait dans telle ou telle situation. Elle nous habite parce qu’elle nous a transmis l’amour inconditionnel, la disponibilité, le sourire à toutes épreuves. Souvent, lorsque je vois le sourire de ma mère, c’est elle que je vois… Souvent, dans certains de mes gestes ou de ceux de mes sœurs, je la sens.

Peu de temps après son départ pour ailleurs, j’ai décidé de me présenter au concours d’entrée à l’école d’infirmière. Elle n‘y est pas étrangère.

Je reste admirative de sa dignité et de sa douceur, de ces valeurs qu’elle nous a enseignées, de cette image de la vieillesse qu’elle nous a donnée.

Ses regards espiègles, ses habitudes de vie, ses blagues en alsacien, tout cela me manque.

D’elle, il me reste un foulard, un chapelet, son diplôme de brancardière datant de 1933 et ses boucles d’oreilles avec lesquelles je l’ai toujours connue. Mais, bien plus encore, il me reste les doux souvenirs d’une enfance heureuse aux côtés d’une grand-mère que tout le monde rêve d’avoir.

Elle veille sur nous. Il y a un an, en pleine tourmente personnelle, je l’ai vue dans un rêve où elle me disait être contente de me voir entrer dans la vie d’adulte et de sentir que je m‘épanouissais. Ce n’était qu’un rêve, mais il m’a insufflé courage et force.

Elle a énormément compté pour nous cinq. Elle compte encore, parce qu’une Mamama comme ça, c’est pas donné à tout le monde…

D'où tu es, je sais que tu sens combien tu nous manques.

 

Par Marinette
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Lundi 18 septembre 2006



Je me souviens bien de mon premier don du sang. J’en étais fière, franchement. Et puis, j’en ai fait plusieurs, parce que j’en avais envie.

Ça ne dure pas bien longtemps, et ce n’est pas douloureux. (Phobiques des aiguilles, s’abstenir, quand même!).
Il y a aussi les dons de plasma, et de plaquettes.


Et il y a l’autre don, le don de soi. J’ai toujours été d’accord, et l’ai toujours dit à mes parents, à mes proches, à ceux à qui on poserait la question, si je venais à décéder.

Mais le don d’organes n’a pris tout son sens pour moi qu’il y a trois mois. Lorsqu’une personne que je connaissais a fait don d’elle.
On a beau penser qu’on sait, on y réfléchit différemment après. Elle a perdu sa vie accidentellement, et ses proches ont accepté que son corps sauve d’autres vies. Comment ça se passe, dans leurs têtes, au moment de la décision..?
Je vous l’avoue honnêtement, si on me posait la question pour l’un de mes proches, j’aurais du mal à accepter. Mais pour moi, pour mon corps, cela ne me pose aucun problème.
Je vous disais donc que je suis d’accord, que je souhaiterais faire don de mes organes, pour tenter de sauver des vies, pour apporter de l’espoir à des familles. Malgré la douleur de mes proches, que ma mort serve à quelque chose.

J’ai beaucoup gambergé sur le sujet, il y a trois mois. Et, durant l’enterrement, malgré tout, ça avait quelque chose de réconfortant de penser que son cœur battait dans une autre poitrine, que ses reins épuraient un autre sang que le sien, que ses poumons respiraient l’air de cette belle après-midi de juin. Que sa mort ne garderait pas que l’image d’une injustice.
Le côté « technique » du prélèvement m’a beaucoup titillée aussi. L’ambiance qu’il doit régner au bloc. La sensation de prendre la vie. Mais après vient la greffe, la renaissance d’un corps malade, et la renaissance de cet organe privé de vie trop tôt.

Belle leçon de vie, que de voir que l’amour d’une fille peut mener à l’acceptation d’un don d’organes. Pour continuer, avancer. Pour donner un sens à son absence. Pour garder l’espoir que ç’a été bénéfique à d‘autres. Au moins un peu.
Pour respecter le choix qu’elle avait fait de son vivant, s’ils en avaient discuté…
Parce qu’il faut y réfléchir, décider, et faire part de sa décision. Pour que nos proches respectent nos choix, pour que cela leur paraisse moins dur d’accepter ou de refuser.
Parce que certains sont sur liste d’attente, et que leur attente est longue. Parce qu’ils attendent le coup de fil qui leur annoncera qu’un organe les attend. Et parce que pour eux aussi, c’est dur d’accepter d’héberger quelqu’un d’autre en eux.
Quelle que soit votre décision, donneur ou non-donneur, parlez-en.

Et sachez que vous pouvez changer d’avis.


Moi, je donne, c’est décidé. Et je respecte vos choix, quels qu'ils soient.


Multikiss, Maxitchao…

Pour les non initiés, tout est là sur les lois bioéthiques.
Cliquez sur les différents liens. "Donneur" ou "non-donneur" sont les liens qui vous permettront de faire connaître votre décision.


Par Marinette
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Mardi 3 octobre 2006
 ...qui se prend trop la tête..."

Il l'a dit gentiment, sans aucun reproche. Et il a raison, surtout entre nous...

Il arrive après une histoire qui me meurtrit encore. Il me propose des choses que j'ai déjà rêvées entre lui et moi, mais qui ne sont jamais arrivées quand je les attendais. J'ai l'impression qu'il est trop tard. Parce que je le connais trop ou peut-être justement parce que je ne le connais pas assez, je le connais mal, maladroitement.


Il dit qu'il est sérieux, j'ai peur qu'il soit sérieux dans un projet superficiel auquel je n'adhère pas. Nous ne partageons pas le même point de vue.

Il dit que j'ai peur. Il n'a pas tort. Tout a toujours été si compliqué entre lui et moi. C'était il y a longtemps, j'y croyais, il n'y croyait pas.


Aujourd'hui, il change d'avis. J'ai besoin de savoir pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? J'ai besoin de comprendre.

Aujourd'hui, je doute. J'ai peur de prendre la mauvaise décision, pour les mauvaises raisons. Peur de choisir d'essayer un truc juste pour ne plus me sentir seule en me couchant le soir. Peur de lui faire du mal, en n'étant pas suffisamment sincère avec lui. Peur de me faire du mal en me mentant.


Je le connais depuis un bout de temps, je ne veux pas dissoudre une relation jusque là amicale -quoique souvent très ambiguë- juste pour une histoire compliquée. Une histoire qui, je le crois, n'aurait ni fondement ni lendemain.

Mais sa démarche est flatteuse...et dévastatrice...

Cela me ramène à mes démons. Ces foutus points d'interrogation qui me prennent la tête.

Cela me ramène à lui, l'autre, la déception. Le mal que j'ai ressenti. La douleur se réveille. La plaie suppure à nouveau. J'aimerais tant que lui change d'avis...

J'ai encore besoin de temps pour décider. Du temps qu'il ne m'accordera peut-être pas.

Mais sa gentillesse me touche, malgré tout.

Multikiss, Maxitchao...

 

Par Marinette
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