Lundi 2 juin 2008
...ce que peu veulent savoir...
Le quotidien d'une infirmière dans un service de soins palliatifs.
Autant c'est intéressant pour une professionnelle de savoir que les mêmes histoires se jouent dans la même intimité d'autres chambres, autant ça peut aider le grand public à comprendre ce que c'est, le soin palliatif.
Il n'a pas forcément ce titre partout, il n'est pas toujours revendiqué ou officialisé, mais il est pratiqué dans les hôpitaux français, et a, malheureusement, ou heureusement, un avenir certain dans notre système de santé.
Il n'a pas bonne presse, ce soin que l'on dit palliatif, pour ne pas dire plus crûment qu'il accompagne à la mort. Il ne propose pas l'euthanasie, il propose la vie jusqu'à la mort, aussi incompréhensible que cela puisse paraître à certains.

Ce livre, que j'ai lu avec grand plaisir, et qui sera prêté à qui le voudra, relate des histoires vécues, où l'on entrevoit l'intensité des échanges, des relations, et la difficulté des décisions.
Les décisions des patients, celles des soignants.

clic sur l'image pour en savoir plus.... ;)


Bonne lecture... J'attends vos impressions.

Trois article en quelques heures, rien ne va plus...

Multikiss, Maxitchao...



Lundi 2 juin 2008
C’est pénible d’être balance et de ne pas être sûre de pouvoir se fier à ce qu’on sent ou pense à tel ou tel moment…
Oui, je sais que c’est facile de mettre ça sur le compte de mon signe astrologique… On trouve des excuses où on peut en trouver…
Pénible aussi, de souffler le chaud puis le froid, au gré de la lune, des incertitudes ou des doutes.
Pénible encore, de se revendiquer chieuse devant l’éternel mais de ne pas savoir se dépêtrer de ce défaut.
Pourquoi rien ne s’impose à moi comme une évidence ?
Pourquoi toujours tout remuer pour l’essorer finalement de son essentiel ?
Pourquoi envisager toujours le pire comme le meilleur et rendre alors le tout tellement inextricable qu’il en devient insupportable ?
Pourquoi, toujours et encore, ces questions sans réponse ?
Peut-être parce qu’envisager le pire m’aide à appréhender toutes les situations. Au point de m’en priver. Pour me préserver d'échec ou de déception.
Croire que c'est bon. Puis non. Parce que c'est plus facile ainsi. Tout est plus facile quand on ne se lance jamais.


Pourtant, autant c’est pénible pour moi, autant je plains ceux qui subissent mes revirements quotidiens et qui ne savent plus sur quel pied danser.
Oui, toi, là, devant ton écran, je te vois sourire et je sais que tu comprends… ;)

C’était le billet sans queue ni tête, le grand retour des mots qui s’enchaînent sans qu’on les comprenne.

Multikiss, Maxitchao…

Lundi 2 juin 2008
Il y a dix ans et un jour, Léonie naissait...
Il y a huit ans, c'est Anatole qui venait agrandir notre famille.

Et hier, on a fait la fête autour de Léonie... On a ri, on a pleuré, elle nous a ému... Un petit concentré de la vie auprès d'elle en somme.
Dix ans que je suis Tata, et que je refuse catégoriquement ce titre, sans pour autant refuser les câlins et instants magiques liés à mon nouveau grade.
Dix ans que je suis sa marraine, pour ma plus grande fierté.
Dix ans que cette belle des champs m'apprend plein de choses.
Dix ans... C'était hier...
Dix ans, prometteurs pour toutes les décénnies qui nous attendent.
Extraordinaire journée.
Merci à ceux qui se reconnaitront.

Multikiss, Maxitchao...
Mardi 25 mars 2008
Elle a d’abord été stagiaire parmi nous…
Je la vois encore entrer dans la chambre, timide et tremblante comme je l’étais…
Troisième année, stage du diplôme d’état. Je ne l’ai vue que deux ou trois jours, avant de partir en vacances… Tout de suite, le courant a passé.
Je l’ai revue au retour de mes vacances, la fin de son stage. Elle souhaitait venir bosser dans notre équipe, et l’idée me convenait bien…

Elle est donc revenue, deux mois plus tard, faire ses armes de jeune infirmière parmi nous.
Elle s’est installée dans le même immeuble que moi. Et rapidement, nous sommes devenues proches.
Des tisanes, des cafés, plein de discussions… Et de franches collègues.
Pourtant, le planning fait que nous ne bossons pas assez ensemble, toujours trop peu. Mais les rares fois où on travaille ensemble sont un vrai plaisir. Pas besoin de parler, tout coule de source.
Souvent les mêmes impressions, les mêmes façons de voir.
Elle a la douceur innée et l’organisation minutée d’un horloger suisse… L'étudiante qu'elle était est devenue une infirmière accomplie.
Et en plus de ça, elle comprend souvent sans mot dire…
Il y a peu, une simple main posée dans mon dos pour dire « je suis là, et je sais que c’est dur », alors que mes mains tremblaient encore d’émotion, m’a apaisée. Elle savait que j’allais mal, alors que je faisais la forte.

J’espère qu’elle sait que je suis aussi là pour elle, quand c’est dur…
J’ai des collègues en or… ;-)

Multikiss, Maxitchao…
Jeudi 20 mars 2008

Une présence, une main au creux de la sienne peuvent-elles changer quelque chose à cet instant crucial où le souffle se transforme en silences prolongés, puis en silence éternel ? La blouse blanche qui se tenait à côté de lui, aux portes de la vie, de la fin de sa vie, a-t-elle pu de quelque façon que ce soit apaiser ses angoisses, sa peur ? A-t-il choisi de rendre son dernier souffle en présence de quelque un ou était-ce un pur hasard ? Je ne le saurais jamais…
Quoi qu’il en soit, j’en sors toujours ébréchée, émue, touchée au plus profond de ce qu’on ne verra jamais de moi. Et toujours, invariablement, les premiers instants, je m’en veux presque d’assister à un instant si cruel, si intense, comme la sensation de briser l’intimité ultime de la mort.
Pourquoi moi ? Pourquoi lui ? Pourquoi suis-je entrée dans sa chambre à cet instant ?
Cet homme m’a marquée, a marqué toute l’équipe. Son courage. Son endurance face aux épreuves.
Certaines de ses paroles résonnent encore. Certains moments intenses passés auprès de lui reviennent au galop.
Je sais qu’il est libéré de ses souffrances, que nous sommes là pour ça. Il y a deux semaines, il m’a regardé avec plein de questions dans les yeux alors que les informations relataient l’histoire de Chantal Sébire… Il savait où il allait, mais ne se plaignait de rien.
Je pense que nous l’avons accompagné au mieux, je l’espère, je le crois, objectivement. Mais je ne peux réprimer mon émotion, sûrement égoïste, mais si humaine.
Et je sais que dès demain, ce moment sera un renouveau, un petit clin d’œil qui m’aidera à aimer davantage mon métier.
Partez en paix, et sachez que je me souviendrai de vous, où que vous soyez…



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